24 janvier 2009
François VILLON
Villon,n'est pas son vrai nom mais celui du chanoine qui l'a recueillit après la mort de ses parents. En 1431, année de sa naissance, son père, accusé de vol, est exécuté, rôti. Autour de ses six ans, sa mère, elle, sera entérrée vive dans la fausse aux chiens.
François Villon est tout d'abord un bon étudiant, il fera des études ecclésiastiques mais il fréquente rapidement une population de malfrats. De blagues étudiantes en petits larcins, il prends goût aux vols plus importants et ne crains pas la violence. Il aime s'amuser, se divertir. Le chanoine Villon ira en prison à sa place suite à l'affaire des enseignes ( avec des amis, il s'était amusé à changer les enseignes des magasins).
Villon devient criminel. Après une tentative de meurtre sur le notaire du pape, il assassine un prêtre. Il sera condamné à mort par pendaison. Il échappera à la justice mais en 1463,il sera expulsé de Paris pour 10 ans. Il ne reviendra pas et nul sait ce qu'il adviendra de lui.
De ses poèmes, il n'y a eu aucun manuscrit. Il s'est fait connaître dans des beuveries où il vendait ses écrits. Il savait s'adapter aux personnages qu'il rencontrait et employait leur langage; aussi écrivait-il en différents patois, jargon (jargon des coquillarts), code secret des homosexuels, des voyous...
je plains le temps de ma jeunesse, auquel j'ai plus qu'autre gallé (fait la fête), jusques à l'entrée de vieillesse qui son partement(départ) m'a celé. extrait "le testament".
qu'est devenu ce front poli, ces cheveux blonds, sourcils voultis(arqués), grand entroeil, le regard joli,dont je prenais les plus soutis; extrait " les regrets de la belle heaumière".
voici un extrait de la ballade que fit Villon à la demande de sa mère pour prier Notre-Dame. J'ai choisi les derniers vers qu'il a écrit, en acrostiches. Les lettres de son nom, lues à la verticale, sont les initiales de chaque vers.
Vous portates, digne vierge, princesse,
Jésus régnant qui n'a fin ni cesse.
Le tout-puissant, prenant notre faiblesse,
Laissa les cieux et nous vint secourir,
Offrir à mort sa très chère jeunesse;
Notre Seigneur tel est, tel le confesse
Découvrez d'autres poèmes de Villon, d'une autre façon,en écoutant Georges Brassens nous conter la ballade des dames du temps jadis.
Villon, être rebelle à la vie courte et tourmentée, saura exprimer sa douleur, ses regrets, quand de la mort il s'approchera.
22 janvier 2009
VILLON/BRASSENS
Ballade des dames du temps jadis
17 octobre 2008
Vieillesse
la vieille femme grincheuse
Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu?
Quand tu me regardes, que penses-tu?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle
Le regard perdu, qui n'y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais,
Qui, quand tu dis d'une voix forte "essayez"
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais
et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas,
Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise
le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.
C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois?
Alors, ouvre les yeux, ce n'est pas moi,
Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux.
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des soeurs qui s'aiment entre eux.
Une jeune fille de seize ans ,des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé.
Mariée déjà à vingt ans, mon coeur bondit de joie
au souvenir des voeux que j'ai fait ce jour là.
J'ai vingt cinq ans maintenant et un enfant à moi
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là.
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de nous des bébés.
Nous revoilà avec des enfants, moi et mon bien aimé.
Voilà les jours noirs, mon mari meurt.
Je regarde vers le futur en frémissant de peur,
car mes enfants sont trop occupés à élever les leurs.
Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connu.
Je suis vieille maintenant et la nature est cruelle
Qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s'en va, la grâce et la force m'abandonnent.
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j'eus un coeur.
Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure,
Le vieux coeur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines
Et à nouveau je revis ma vie et j'aime,
Je repense aux années, trop courtes et trop vites passées
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux, toi qui me soignes, et regarde,
Non la vieille femme grincheuse, regarde mieux, tu me verras.
(poème trouvé dans les affaires d'une vieille femme morte dans un hôpital)
11 décembre 2006
Jean D'ORMESSON
Extraits du Rapport Gabriel:
"J'ai perdu beaucoup de temps aux ordres de l'urgence, déesse des temps modernes, ennemie de l'essenciel".
"Boudant m'apprit que la littérature brûlait et qu'elle était porteuse de secretqu'il sagissait de déchiffrer".
29 octobre 2006
Roman
Je viens de terminer la lecture de " lorsque j'étais une oeuvre d'art " de Eric-Emmanuel Schmitt ; l'aventure d'un homme désespéré qui accepte de devenir l'oeuvre d'un artiste excentrique. J'ai été plongé dans ce roman, aussi je vous le conseille. En voici un extrait:
"... il ne peignait pourtant rien de ce qui est visible. Il peignait l'air. Un air précis, celui du matin même, entre la mer illimitée et le ciel illimité. Si je quittais son cadre, je ne voyais plus qu'avec mes yeux, j'inventoriais des éléments connus, répertoriés, l'ordinaire d'un bord de mer, la plage à marée basse, les rochers endormis, les oiseaux profitant du retrait des eaux pour chasser à même le sol, l'éther éblouissant. Mais, dans son cadre, l'invisible surgissait. J'y voyait ce qui avait été et n'était déjà plus, un moment du temps, cet air-là de dix heures du matin, cet air que je respirais à narines larges sous un soleil d'acier, cet air qui avait changé, qui n'existait plus, cet air qui appartenait alors à un monde minéral, sable et rocher, relevé çà et là par le piment des corruptions cruelles, poissons séchés et algues abandonnées, un air d'après l'aube, un air peu assuré, cet air sec, vif, azuréen, froid dans son fond, un air du Nord qui, maintenant, s'était alourdi d'une journée, épaissi, chauffé de la touffeur des siestes. ... J'étais la sentinelle du monde. Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement : j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand-chose et beaucoup à la fois : une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans un océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe Minuscule et grande. Intense et misérable".
Si vous êtes tenté de lire ce livre, je vous souhaite de l'apprécier comme moi. Bonne lecture
21 août 2006
CHARLES D'ORLEANS (1394-1465) : rondeaux

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n'y a bête, ni oiseau,
Qu'en son jargon ne chante ou ne crie :
Le temps a laissé son manteau!

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.
16 août 2006
Etre ou ne pas être
Tu dois, tu vas supposer ( que tu sois de bonne ou de mauvaise foi, mais où est la différence?), que je suppose un tas d'évènements que je n'ai pas vus de mes yeux et dont je n'ai pas même eu indirectement connaissance. Et bien! souvent, ce qu'on suppose appartient à l'essence même de ce qu'on voit.
Un philosophe a parlé du chat qui miaule pour qu'on le fasse sortir et miaule ensuite pour qu'on le fasse rentrer. Dans l'intervalle ce chat existe-t-il?
Il y a en chacun de nous une tendance solipsiste, contrefaçon du pouvoir sustentateur qui est l'attribut du tout-puissant :
une chose n'existe que sous notre regard. Que ce regard s'éloigne ou soit détourné et il y a désintégration totale, bien que temporaire.
Mais l'on est aussi en droit de supposer que le chat, durant notre absence, garde pleinement sa réalité corporelle, jusqu'au dernier poil de sa moustache. .......
......... Un esprit bouleversé peut fonctionner suivant une logique que nous jugeons folle ou absurde. Mais l'absurde est un des visages du tragique.
extraits de " Mort à Deptford " d'Antony Burgess
14 avril 2006
Jeux de mots
Je vous invite à découvrir le magazine VIRGULE, canard de littérature pour les 10/15 ans ( et plus ).
ce mois ci,VIRGULE nous propose d'employer le mot " débonnaire " : je m'y emploie :
cette jeune fille au teint frais déambule dans les rues, mains dans les poches, sous une allure débonnaire et bon enfant.
Utiliser " débonnaire " à la place de "cool", par exemple, peux donner de l'agrément à nos phrases, non ?
VIRGULE cite un extrait de " les grenouilles qui demandent un roi " JEAN DE LA FONTAINE :
"...il vous devait suffire/que votre premier roi fut débonnaire et doux/de celui-ci contentez-vous/de peur d'en rencontrer un pire".
Qui aime les mots, je vous conseille ce site : legardemots.tooblog.fr
bonnes découvertes
04 mars 2006
Belle mémoire
" il est vrai, notre expérience est liée aux lieus que nous visitons. Tel endroit fréquenté nous marque de son empreinte pour quelques temps, ou à jamais. Et il suffit d'une réminiscence,effluves de parfum ou cristal d'un rire oublié, pour que la mémoire nous transporte dans l'éternel hier".
extrait du roman la Venus anatomique de Xavier MAUMEJEAN







